Synopsis du film : Le guerrier silencieux
Caractéristique du personnage : muet, borgne, combattant hors pair, visions apocalyptiques…
One eye, ou le borgne est un gladiateur, prisonnier d’un maître cupide. Il ne se bat pas pour la gloire, ni pour une éventuelle liberté. Assisté par un enfant, il va s’échapper et se lancer dans une quête mystique et métaphysique, dont le but reste incertain. Dans sa quête, il rencontrera un groupe de croisés, qui lui promet gloire et prospérité si il les accompagne vers la terre sainte.
Même si le guerrier accepte, ce n’est pas la terre sainte que nos missionnaires atteindront mais un lieu beaucoup moins accueillant qu’ils ne l’imaginaient.
Dans une atmosphère étrange, ils vont lutter contre un ennemi effrayant et invisible.
Critique du film : Le guerrier silencieux
Inspiré par la nouvelle de l’auteur américain Clive Cussler, Le guerrier silencieux est divisé en six chapitres. D’une rare violence, les premiers choqueront les plus sensibles, tandis ce que les cinéphiles y verront sans doute bien plus à travers la réalisation fantastique du danois Nicolas Winding Refn.
Ce film m’a permis de découvrir un réalisateur qui m’était inconnu jusqu’à maintenant. Je n’ai toujours pas eu l’occasion de voir la trilogie Pusher, dont j’ai pas mal entendu parler !
Voici pour moi les quelques raisons qui font de ce film un plaisir visuel et assez cérébral :
D’abord, la prestance de son acteur principal Madds Mikkelsen, qui malgré son silence, est très expressif. La complexité du personnage qu’il incarne est mis en exergue par les plans serrés sur son visage si marqué et terrifiant.
Ensuite, les paysages vierges et somptueux, et qui semblent souvent irréels (traitement de l’image ?). Le spectateur est rapidement transporté dans les montagnes ventées et humides dans lesquelles les personnages évoluent au début du film. Et si les vues sont si spectaculaires, c’est aussi grâce aux compositions faîtes par Nicolas Winding Refn, qui choisit ses plans avec attention. Graphiquement, le film est d’une sobriété exemplaire. Et pourtant, chaque séquence fait l’objet d’un travail minutieux. Les compositions des plans sont complexes, multipliant les profondeurs de champs. Les profils, toujours filmés de très près, donnent à chaque dialogue une tonalité unique.
Venons-on en maintenant aux scènes d’actions, qui restent importantes dans Le guerrier silencieux. En effet, elles donnent à One Eye un aspect effrayant. Le guerrier y est précis, réfléchi. Chaque coup porté est mortel pour ses ennemis. Le tout dans une chorégraphie sanglante, magnifiquement orchestrée.
Cependant, la trame de l’histoire reste pour moi assez vague. Peut-on considérer le chemin effectué par Le guerrieur silencieux comme une quête identitaire ou initiatique ? Son silence ne nous permet pas d’en avoir la certitude. Au fur et à mesure du film, on comprend simplement qu’il a une grande importance car il influence tous ceux qu’il croise. Par sa détermination, il change le destin des hommes. Pourtant, le sien semble, pour d’obscures raisons, profondément déterminé.
Le dénouement du film est vraiment surprenant, marqué par une ambiance musicale très particulière. D’ailleurs, la musique semble avoir été composée avec la même rigueur que la photographie du long métrage.
Bref, certains spectateurs n’ont certainement pas trouvé leur compte dans ce film. Comme moi, ils s’attendaient peut-être à un film plus classique, musclé, et surtout moins cérébrale. Mais avec un minimum d’attention, on comprend que le réalisateur Nicolas Winding Refn délivre une interprétation très personnelle de ce qu’on pourrait appeler un roman de gare ! Pour moi, ce film a fait l’effet d’un électrochoc !
