Synopsis du film : The Good Heart
Jacques est propriétaire d’un bar miteux, presque mythique et difficilement accessible à n’importe quel pilier de comptoir. Et pour cause, le bar est situé dans une ruelle peu fréquentée de New York et il porte un nom vraiment étrange : The house of Oysters. Cela fait des années que Jacques tient se bar, son visage est fatigué, ses traits sont marqués. Pourtant il continue à fumer, et occasionnellement à boire.
Alors qu’il vient d’avoir sa cinquième crise cardiaque, il va effectuer un bref séjour à l’hôpital, au cours duquel il va rencontrer Lucas, un jeune homme sans abris. Il vit sous le pont de Brooklyn avec son petit chaton. Lucas est un jeune homme très simple d’esprit, qui n’a ni problème d’alcool ou de drogue, ni problème mental; il est simplement très simple et son cœur est ouvert au point qu’il ne puisse se rendre compte que cela pourrait lui jouer de mauvais tours.
Quelques conversations dans une chambre aseptisée et Jacques décide de prendre le jeune Lucas sous sa protection. Jacques sait que ses jours lui sont comptés. Il cherche à transmettre son savoir et son patrimoine. Et comme Jacques n’a aucun parent, cette rencontre avec Lucas tombe à point nommé ! Cherchant à tout pris à faire de lui son « successeur », il va lui transmettre tout ce qu’il sait sur son métier. De là naitra une amitié, et une relation très simple entre deux personnes ordinaires !
Critique du film : The Good Heart
Vu comme ca, The Good Heart ne doit pas trop faire envie. Deux personnes dont les destins se croisent et qui s’influencent mutuellement … Un thème classique et presque redondant dans le cinéma contemporain. Et pourtant, le film est marquant pour plusieurs raisons :
D’abord par sa simplicité : pas de fioritures. Des plans simples épurés voir minimalistes. Pas de maquillage ou d’objets clinquants, inutiles. Le bar, véritable héros de l’histoire, est rustique. Sa cuisine, plutôt sale, ne sert plus qu’à la torréfaction du café ! Vous l’aurez compris, le franco-islandais Dagur Kári se débarrasse du superflu pour se focaliser sur l’histoire et le jeu des acteurs.
Ensuite grâce à la distribution et aux jeux d’acteurs : Brian Cox, Paul Dano et Isild Le Besco, trois acteurs que j’apprécie pour leur charisme. Après Gigantic, Dano revient dans un type de rôle qu’il semble apprécier. Alors que d’autres acteurs de sa génération semble être d’avantage intéressés par la gloire ou la reconaissance, Dano fait presque figure d’ovnis. Depuis Little Miss Sunshine ou There will be blood, il adopte des personnages d’une étrange sobriété. Comme dans Gigantic, Paul Dano croisera sur sa route une jolie fille, qu’il finira par séduire.
Enfin, pour le fond de l’histoire qui par sa simplicité et son dynamisme, donne au film une fraicheur et un cœur qui arrive à toucher les spectateurs. C’est en tout cas ce que j’ai ressenti en regardant The Good Heart ! Tout oppose nos deux protagonistes au début du film. Face au roc incarné par Brian Cox, qui semble avoir traversé les pires épreuves, Paul Dano manifeste une générosité et un cœur immense. En choisissant d’écouter son cœur, il risque à tout moment de décevoir le propriétaire de « La maison des huitres », et de se retrouver à la rue. De son côté, Jacques ou April (Isild Le Besco) ne tirent jamais profit de la faiblesse d’esprit de Lucas à leur avantage. Cette simplicité de vue et d’esprit peut laisser penser que la vision de Dagur Kári est idyllique. Mais pour les plus septiques, Dagur Kári met en scène une fin qui ramène le spectateur à des enjeux et des problématiques concrètes !
Et vous, quel a été votre ressenti au regard du dernier film de Dagur Kári : The Good Heart ?
